5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 10:24

La France sort d'une vague de froid inhabituelle à cette période de l'année, et on pourrait s'interroger sur les contradictions apparentes qui existent entre ces températures très basses et le réchauffement de la planète.

Les températures moyennes de l'année 2010 en France devraient être proches des valeurs normales et au niveau mondial faire partie des 3 plus élevées jamais enregistrées depuis 1850.

Même si la France n'a pas connu cette année d'épisodes caniculaires, il faut se rappeler que cela n'a pas été le cas dans d'autres régions du monde, comme par exemple en Russie l'été dernier ou en ce moment sur l'Europe du Sud et Israël.

Si on prend la période récente du mois de novembre 2010, ces contrastes sont particulièrement bien illustrés par les 2 cartes ci-dessous qui mettent en évidence les anomalies de température (écarts par rapport aux valeurs normales).

La 1ère représente ces anomalies au niveau mondial sur le mois de novembre et la 2ème celles de l'Europe pour les 10 derniers jours de novembre :

climat mondial novembre 2010

 

climat Europe 20 au 30 novembre 2010

On peut y voir que cette zone très froide qui affecte la France, l'Espagne, l'Angleterre et le nord de l'Europe représente une surface relativement faible par rapport aux zones chaudes situées en particulier sur l'Europe de l'Est et du Sud et au nord du 60ème parallèle de l'hémisphère nord.

On peut voir également qu'au niveau mondial la surface des anomalies positives représentées en vert, jaune et orange (températures plus élevées que les valeurs normales) est beaucoup plus importante que celle des anomalies négatives représentées en bleu et violet, ce qui est bien conforme à un réchauffement global de la planète.

 

La plupart des scientifiques considèrent que ces fluctuations sont normales et qu'il y a toujours eu  régionalement des successions de périodes de courtes durées très chaudes ou très froides.

Ils considèrent également qu'il n'y a aucun constat de modification de débit ou du parcours du Golf Stream qui amène de l'eau chaude du Golfe du Mexique vers l'Ouest de l'Europe. L'hypothèse d'une disparition totale du Golf Stream  à moyen terme n'estpar ailleurs actuellement retenue dans aucun des scénarios de modélisation des changements climatiques.

 

Dans le rapport annuel "Artic Report Card", publié en octobre dernier, un groupe d'expert internationaux met en évidence les éléments suivants extraits de l'article publié le 26 octobre 2010 sur le site "notre-planete.info" :

 

"Les scientifiques ont découvert que les températures atmosphériques plus chaudes en Arctique au cours de l'automne bouleversent la circulation atmosphérique dans les latitudes moyennes de l'Arctique et du Nord. L'hiver 2009-2010 a fait l'objet de températures extrêmement basses et des chutes de neige considérables dans les latitudes moyennes ainsi que de changements dans les configurations des vents de l'Arctique. Selon les chercheurs, ces phénomènes sont liés à une phase de l'oscillation arctique (un modèle de circulation atmosphérique dans laquelle la pression atmosphérique au-dessus des régions polaires varie par rapport à celle au-dessus des latitudes moyennes -environ 45 degrés Nord- sur des échelles de temps situées entre des semaines et des décennies).

Les modèles suggèrent que la perte de banquise arctique en hiver favoriserait un climat plus rigoureux sur les latitudes moyennes de l'hémisphère Nord, l'hiver 2009-2010 pourrait donc se reproduire de plus en plus souvent. Un véritable paradoxe climatique : plutôt qu'un réchauffement général partout, le changement climatique devrait déplacer le froid de l'Arctique plus au sud."

 

La vague de froid que nous venons de connaître semble confirmer les éléments de ce rapport.

 

Article rédigé par André Mansiaux

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Published by Eco-citoyens du Nord Isère - dans Changement Climatique
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