21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 21:42

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Ce forum, organisé par les trois « Contrats de Développement Durable Rhône-Alpes » des territoires du Nord Isère (tout le territoire de l’Isère au nord d’une ligne Saint-Jean de Bournay – Pont de Beauvoisin) avait un triple objectif : 

1. Comment mieux répondre aux besoins de mobilité ? 

2. Comment garder un territoire attractif ? 

3. Comment se préparer à une augmentation du prix des carburants ?

 

 Il était animé par un cabinet spécialisé (Altermodal Inddigo) qui mène une étude sur la mobilité dans ce territoire depuis le printemps dernier, et correspondait à la phase de choix d’un scénario après élaboration d’un diagnostic et avant mise en place d’un plan d’actions.


 

 

André Mansiaux, président de notre association, y représentait également le Collectif PARFER LYON CREMIEU tout comme Jean-Paul Lhuillier (membre de la FNAUT et de FNE).
Notons la présence de Didier Rambaud, vice-président du CG38 en charge du transport, de Serge Menuet, président du SYMBORD (cantons de Crémieu, Morestel et Pont de Chéruy), de plusieurs conseillers régionaux dont Philippe Reynaud élu de notre territoire, d’Alain Moiroud, directeur de la maison du CG du Haut-Rhône Dauphinois de Crémieu et de représentants des directions des transports du CG38 et de la Région Rhône Alpes. Mais on ne peut que regretter l’absence remarquée des autres élus de notre territoire, à part Alain Moyne Bressand, conseiller général de Crémieu, arrivé vers la fin de la réunion.

 

Ce forum était organisé autour des 4 thèmes suivants :

Mobilité longue distance (TER, cars interurbain, projets de structure en site propre)

Transports en commun de proximité

Covoiturage et auto-partage

Modes de transport doux (vélo, marche à pied)

Nous étions particulièrement intéressés par le projet d’extension du tram-train de Meyzieu à Crémieu et également par les actions de mobilité douce, de type PEDIBUS concernant l’accompagnement à pied à l’école, qui correspondent à un thème que nous avons identifié pour nos actions futures au sein des Eco-citoyens du Nord-Isère.


QUE PEUT-ON RETENIR DE CE FORUM ?

D’UNE MANIERE GENERALE CONCERNANT LA MOBILITE

15 % de la population adulte n’a pas de moyen de transport individuel.

Les transports représentent 26 % de nos émissions de gaz à effet de serre et ce pourcentage est en continuelle augmentation.
Dans les zones périurbaines et rurales dans lesquelles nous sommes, le budget transport représente jusqu’à 25 % des dépenses de ménage, alors qu’il ne représente que 8 % pour le centre ville et 12% en 1ère couronne.
30 à 50 % des ménages sont financièrement vulnérables et auront du mal à supporter les augmentations à venir des coûts des carburants.
Les déplacements vers Lyon sont effectués de 30 à 50 % en transport en commun lorsque cette offre est bonne (par exemple liaison de Bourgoin à Lyon par le TER) et ils ne le sont qu’à 7 % à partir de l’agglomération pontoise où l’offre n’est pas adaptée malgré la ligne Transisère 1980.
La densité de population à partir de laquelle un transport en commun devient pertinent est de 4 000 à 7 000 habitants par km², densité qui est dépassée pour l’agglomération pontoise et Crémieu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 CONCERNANT LE PROJET DE TRAM-TRAIN

Les deux représentants du Collectif PARFER mettent en avant au cours des discussions que :

Il ne s’agit pas d’un projet nouveau mais du prolongement d’une ligne existante.

En complément au diagnostic indiquant que la population stagne sur l’agglomération pontoise depuis 1990, il a été précisé que cette stagnation est directement liée à une forte désindustrialisation sur cette période, alors que les perspectives d’augmentation de la population sont fortes à une échéance de 20 ans : prévisions INSEE de +12% en 2010 /2000, de +25 % pour 2020 et de + 38 % pour 2030.

La solution consistant à prévoir des bus en site propre en 1ère étape est pénalisante car la rupture de charge qu’elle introduirait à Meyzieu (en plus de celles inévitables aux points de départ dans le Nord Isère et d’arrivée sur Lyon) serait dissuasive pour beaucoup (l’étude faite par Transétudes en 2007 à la demande du CG38 indiquait qu’une solution de bus en site propre entrainerait une fréquentation 2 fois plus faible qu’un tram-train).

 

Gérard Mercat, chef de projet de l’étude en cours précise que 

Ce projet, bien qu’étant limite en terme de fréquentation prévisionnelle, est économiquement viable si on prend en compte le coût global (coûts à charge de la collectivité + coûts à charge des ménages, y compris les frais associés aux déplacements en voiture).

Le bilan des coûts est même favorable au tram train si on y ajoute les coûts associés à la congestion du réseau routier, congestion qui devrait diminuer du fait d’une plus large utilisation des transports en commun.

Ce projet CFEL est très proche de celui en cours d’étude pour le prolongement de la ligne 2 du tram de Montpellier (réutilisation d’une ligne de chemin de fer désaffectée et desserte d’une zone périurbaine légèrement moins dense que l’agglomération pontoise).

 La réalisation de ce projet n’est possible que si le territoire est rattaché au Grand Lyon (SYTRAL) en termes de transport.

Si ce rapprochement n’était pas réalisable, la seule solution resterait de s’orienter vers une ligne de bus en site propre (Bus à Haut Niveau de Service ou BHNS).

 

Philippe Reynaud adhère aux remarques des représentants du Collectif PARFER et précise que le contexte politique local rend très difficile l’avancée de ce dossier, en fonction de prises de position très disparates des élus (notamment volonté de rattachement du canton de Pont de Chéruy au Rhône).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


CONCLUSIONS DE LA JOURNEE POUR LE TRAM TRAIN

Le projet de tram train rentre dans le scénario retenu par les 3 CDDRA.

Contrairement à d’autres actions purement locales pour lesquelles les CDDRA ont le pouvoir de décision et de mise en œuvre des actions retenues, ce n’est pas le cas pour le projet de tram train en fonction de la multitude des décideurs (élus locaux, CG38 et CG69, Grand Lyon et Région Rhône Alpes).

 Les représentants du Collectif PARFER ont demandé à ce que malgré tout les 3 CDDRA jouent un rôle majeur pour faire avancer ce dossier.

Didier Rambaud met en avant que le problème actuel majeur de ce dossier concerne sa gouvernance. Il incite les élus locaux à prendre les initiatives nécessaires pour se rapprocher de toutes les structures décisionnaires. 


En ce qui concerne les MODES DOUX DE DEPLACEMENT (marche et vélo),
les principales orientations retenues sont les suivantes :

Réalisation d’un schéma directeur de mobilité douce sur le Nord Isère pour avoir une cohérence du réseau à construire/compléter et une cohérence dans sa gouvernance.

Avoir un engagement politique fort pouvant se traduire par exemple par un investissement à hauteur de 10 € par habitant permettant de réaliser 1 mètre de voie douce par habitant.

 Privilégier la desserte des gares, arrêts de transport, zones d’activités et établissements scolaires.

Prévoir la formation et la sensibilisation des élus et des citoyens avec la mise en place d’un guide méthodologique.

Valoriser le projet ViaRhôna et s’en servir pour le développement touristique du territoire.


 

Ce forum a donné l'occasion au Tram-Train d'être à nouveau mis sous les projecteurs tout en montrant la détermination du collectif PARFER et le sérieux de ses analyses.

Pour en savoir plus : lisez la synthèse du diagnostic sur la mobilité en Nord Isère :
http://mobilite-nordisere.blogspot.com/

 

 


Article rédigé par A. MANSIAUX - Président des éco-citoyens du Nord Isère

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Published by Eco-citoyens du Nord Isère - dans Transport doux
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