1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 18:01

Malgré une actualité météorologique qui depuis 1 mois n'est faite que d'aéroports fermés suite à des tempêtes de neige et de records de froid sur toute l'Europe occidentale, le changement climatique continue son chemin au niveau de la planète.

Selon le climatologue James Hansen et son équipe du Goddard Institute for Space Studies (GISS), l'année 2010 sera l'année la plus chaude depuis le début des enregistrements en 1880. Les images ci-dessous, tirées du dernier rapport du GISS publié le 13 décembre dernier, représentent l'évolution des anomalies climatiques de la planète par rapport à la période 1950-1981 depuis 4 décennies. Elles sont particulièrement éloquentes, avec notamment la mise en évidence de l'emballement de la hausse des températures sur l'ensemble des zones arctiques (augmentation moyenne de 1,6 °C sur les 10 dernières années pour "seulement" la moitié pour les 30 années précédentes).

 

Hansen anomalies tempèratures

On aurait pu penser que, devant cette situation annoncée, nos gouvernants, malgré l'échec de la conférence sur le climat de Copenhague en décembre 2009, allaient prendre les mesures nécessaires pour limiter le réchauffement climatique à une valeur "raisonnable" fixée par les experts à 2 °C à l'horizon 2100.

La dernière conférence de Cancun le mois dernier a certes permis d'aboutir à la signature d'un accord , mais il n'a rien d'ambitieux, d'équitable et de juridiquement contraignant. Il comporte d’importantes lacunes et reste muet notamment sur la manière de combler le gigantesque fossé (Gigaton Gap) entre l’engagement pris à Copenhague de limiter l’augmentation des température à 2°C d’ici la fin du siècle, et les trop faibles annonces de réductions actuelles des gaz à effet de serre.
Pourtant, la science est formelle et ce depuis plusieurs années : selon le GIEC, ces engagements doivent impérativement être compris entre -25% et -40% d’ici à 2020 pour avoir une chance sur deux d’atteindre l’objectif d’une limitation à +2°C.
Coté Protocole de Kyoto, alors qu’il était vital de sécuriser une deuxième période d’engagement, rien n’est acquis. Aucun calendrier n’a été fixé pour renouveler les objectifs de réduction des pays industrialisés alors que le premier cycle d’engagements prend fin en 2012. Sur le banc des accusés, les pays freineurs (Japon, Russie, Canada, etc) continuent de saboter la poursuite et l’amélioration après 2012 du seul outil contraignant international en faveur du climat.
Cependant, ce texte même imparfait a le mérite de maintenir un cadre concret de discussion au plus haut niveau.

Côté Europe, malgré la volonté de plusieurs pays de s'engager sur une réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, il n'y a toujours pas de position commune et la France est très en retrait en refusant de s'engager sur ce niveau de réduction de 30 %.

L'évolution de la position de la France peut se résumer par ces 2 phrases prononcées par le Président de la République :

  • "Je veux que le Grenelle soit l'acte fondateur d'une nouvelle politique, d'un New Deal écologique en France, en Europe et dans le monde" (conclusion de son discours du 27 octobre 2007 lors de la cérémonie de lancement du Grenelle de l'environnement)
  • " Toutes ces questions d'environnement, (...) ça commence à bien faire" (table ronde du 6 mars 2010 avec la profession au salon de l'agriculture)

Même si la loi "Grenelle 1" qui fixait les grandes orientations était relativement ambitieuse, bien qu'insuffisante, la loi Grenelle 2 fixant les règles concrêtes a revu toutes ces ambitions à la baisse.

Parmi toutes les mesures initialement retenues lors du Grenelle de l'environnement, on peut noter les reculades suivantes qui ont eu lieu en 2010 :

  • Non mise en place de la taxe carbone.
  • Report de la mise en place de l'éco-redevance sur les camions.
  • Fortes contraintes pour installer des parcs éoliens (15 MW minimum, soumission des projets aux mêmes règles administratives que les installations polluantes, ...), avec comme conséquence une probable remise en cause de l'objectif de la France d'atteindre 20 % d'énergies renouvelables en 2020.
  • Report de l'étiquettage environnemental et social des produits (le texte initial du projet de loi Grenelle 2 prévoyait sa généralisation en janvier 2011 : le texte voté en juin 2010 ne prévoit plus qu'une expérimentation d'au moins 1 an à lancer mi 2011).
  • Le montant de la  taxe sur l'incinération et la mise en décharge des déchets qui avait vocation à inciter les collectivités à éviter ces pratiques a été tellement réduit qu'il n'a plus rien d'incitatif.
  • Le gel des autoroutes n'a pas passé le cap des discours et les autorisations de nouvelles constructions ont été nombreuses en 2010 (et on reparle de l'A48 au niveau de l'Isle Crémieu et de l'A51 entre Grenoble et Sisteron).
  • Les pressions sont fortes pour ne pas respecter l'engagement de réduction de 50% de l'usage des pesticides.
  • une baisse des crédits d'impôt pour les particuliers sur les énergies renouvelables, avec notamment une division par 2 de celui prévu pour l'équipement en panneaux photovoltaïques.

 

L'année 2010 restera mauvaise pour la planète et 2011 ne sera sans doute pas mieux.

Tous mes meilleurs voeux quand même pour cette nouvelle année.

 

Article rédigé par André Mansiaux

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Published by Eco-citoyens du Nord Isère - dans Changement Climatique
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